Ce
chapitre est celui qu'il faut éviter au maximum, personne n'en sort grandi.
Lorsque
le côté professionnel et la qualité sont exigés, cette position fait peu
souvent partie du dossier de l'architecte.
Les
trois points le plus souvent sujets à des réclamations sont :
¨
le support
¨
la céramique
¨
la qualité du travail du
carreleur.
Þ
Le carreleur est responsable de la qualité du support sur lequel il
travaille au moment de la pose et il en devient responsable pour les défauts
visibles. Pour certains supports, il a même le devoir de se renseigner avant
d'entreprendre les travaux (plâtre - bois - chape spéciale - etc...).
Þ
Pour la céramique, le carreleur est également responsable du bon choix
du produit en avisant le maître d'œuvre (gel - anti-gliss - etc...), de
l'ordre de pose et de la façon de pose.
Þ
De la qualité de la pose, pour le côté esthétique, des produits de
pose adéquats, et de la protection de ses travaux en cours.
Dans
ces trois cas de figure, le carreleur est toujours le premier impliqué avec
l'architecte. Quand il s'agit de la qualité de la céramique, pour un choix
fait en connaissance de cause et conseillé par le fournisseur, ce dernier
prendra ses responsabilités en intervenant auprès de l'usine.
Une
expertise demandée et acceptée par les parties établira les différents degrés
de responsabilités. Mais une chose est certaine, lorsque le cas se porte devant
un tribunal, le juge donnera toujours raison au client, c'est l'inesthétique. Là,
il ne s'agit plus de cause à effet ou de tort causal.
Les défauts possibles
Quand on pense que, chaque année, 250 millions de mètres carrés de carreaux sont vendus , on constate que les défauts et les contestations sont plutôt assez rares, signe que, dans la plupart des cas, la qualité des produits, l'exactitude du projet, la pose soignée et l'attention consacrée à l'emploi et à l'entretien sont étudiées pour donner entière satisfaction à l'utilisateur.
Cependant, en cas de défaillance d'un de ces points, des défauts peuvent surgir. Il s'agit parfois uniquement de défauts d'ordre esthétique. Dans d'autres cas, les défauts peuvent compromettre le parfait fonctionnement du carrelage. Dans une telle situation, il ne reste plus qu'à démolir et remplacer le carrelage mis en cause ce qui provoque un surcoût et des problèmes faciles à imaginer.
"Il y a un point sur le carreau ..."
Un quelconque effet qui, dans des
conditions normales d'observation, modifie réellement l'aspect d'un carrelage
ou nuit à son bon fonctionnement, est considéré comme un défaut. A ce titre,
il peut et doit être contesté. Par exemple, pour un carrelage au sol, les
effets qui ne sont visibles que de près, en se mettant à genoux par exemple et
observés à la loupe ou avec un éclairage particulier, ne peuvent être considérés
comme des défauts et reconnus comme tels.
"Si le sol s'est détérioré, c'est parce que les carreaux sont défectueux !.."
Tous les défauts d'une surface carrelée (carreaux cassés, carreaux soulevés etc.) sont observés à la surface des carreaux parce qu'ils représentent la partie visible du revêtement. Mais cela ne signifie pas pour autant que les carreaux soient à l'origine du désordre.
Ne pas confondre le
"lieu" où le défaut se manifeste avec la "cause" qui l'a
provoqué!
Le bon comportement d'un carrelage dépend de la qualité des matériaux
employés (en particulier des carreaux), du projet, de la pose, de l'utilisation
et des conditions d'entretien. De même, les défauts constatés peuvent avoir
été provoqués par l'un ou l'autre de ces paramètres.
Par exemple, un même défaut comme l'usure prématurée de la surface émaillée d'un carrelage donné peut avoir pour origine:
Par conséquent, le diagnostic des défauts est généralement complexe et peut concerner tous les intervenants, y compris l'utilisateur.
"On m'a vendu des carreaux défectueux, je les ai fait poser et maintenant, je prétends un dédommagement... !"
Si à l'ouverture des boîtes, on constate que les carreaux sont défectueux, et s'il suffit de les observer normalement pour s'en apercevoir, il ne faut pas les poser. Il suffit de faire jouer la garantie vis à vis du vendeur AVANT la pose.
Après la pose, les
contestations de défauts évidents ne sont pas valables et ne sont par conséquent
pas acceptables.
On ne peut que reconnaître l'équité de cette mesure, dont le but est
d'éviter des coûts supplémentaires très lourds. Remplacer des carreaux
défectueux avant la pose ne comporte qu'un léger retard dans les travaux. Mais
leur remplacement après pose signifie la démolition du carrelage, le transport
des gravats à la décharge, la préparation d'une nouvelle surface de pose et
la mise en oeuvre de nouveaux carreaux. Les délais et surtout les coûts et les
dommages sont largement plus importants.
"Tribunal ou chambre arbitrale ? "
En cas de défauts non visibles initialement, l'utilisateur doit s'adresser immédiatement au vendeur et/ou au poseur afin d'obtenir des explications et pour connaître les solutions à adopter. En cas d'insatisfaction ou si un accord à l'amiable n'a pu être établi, l'utilisateur pourra, pour faire valoir ses droits, s'adresser au tribunal compétent. Il devra pour ce faire, choisir un avocat et un technicien. Mais une telle option, le règlement du litige nécessitera plusieurs années et entraînera des frais élevés.
En recourant à la CHAMBRE ARBITRALE CÉRAMIQUE, organe international institué auprès du Centre Céramique de Bologne, les délais et les coûts seront nettement inférieurs.
La Chambre Arbitrale nomme un technicien hautement qualifié qui mène les enquêtes nécessaires et après quelques mois émet un jugement. Pour utiliser cette possibilité, il faut cependant que les parties en cause (par exemple, acheteur et revendeur) déclarent par écrit leur volonté de faire appel à des experts et aux compétences de la Chambre Arbitrale Céramique Internationale.
La plupart des défauts sur les carrelages, une fois survenus, ne peuvent plus s'éliminer et il faut envisager le remplacement des carreaux.
Mais on peut prévenir et éviter tous les défauts.
Tous le intervenants, des producteurs de carreaux et de matériel de pose aux vendeurs, des constructeurs aux projeteurs, des poseurs aux utilisateurs, tous doivent contribuer à cette prévention, en appliquant les concepts brièvement exposés dans ce guide pour la satisfaction complète de l'utilisateur de carreaux céramiques.